[CHRO] Alice Cooper – Paranormal

Faites le test : colportez autour de vous qu’Alice Cooper a gravé un nouvel album et attendez les réactions. Il est alors probable qu’on vous réponde : ‘Quoi, il chante encore ?’ Et pas qu’un peu qu’il chante encore ! Bien qu’affichant bientôt 70 balais et plus d’un demi-siècle au compteur, à arpenter les scènes, le maître de l’‘horror show’ propose son vingt-septième opus (!), « Paranormal ». Sorti six ans après « Welcome 2 My Nightmare », il est divisé en deux parties.

Cette énième édition du bal des horreurs débute par un surprenant titre éponyme, aux sonorités plutôt pop. L’homme au serpent aurait-il décidé de voguer sur d’autres rives ? Quoi qu’il en soit, il est aidé à la rame par –ni plus ni moins– Roger Glover, le bassiste de Deep Purple. Il faut attendre le single, « Paranoiac Personality », pour être rassuré : le fibre du Hard Rock est toujours aussi vivante chez le père du Shock Rock. Jusqu’à sonner très ‘ZZtTopien’ sur « Fallen in Love »… même trop pour que… ah ben oui, c’est bien Billy Gibbons, guitariste et vocaliste du trio Texan, qui apporte son concours à la gratte et aux vocaux…

Ce nouvel LP s’inscrit dans un contexte particulier. Celui de l’univers des contes. Ainsi Cooper et son ami producteur en ont écrit vingt. Et douze ont été retenus pour être traduits en chansons.

Alors que « Dynamite Road » aborde la sinistre rencontre entre un groupe de musique et le Malin, « Fireball » évoque un cauchemar apocalyptique au sein duquel est empêtré Alice, avant que ce dernier ne finisse par se réveiller et contempler la fin du monde de ses propres yeux. Ou encore « Genuine American Girl », qui dépeint la transsexualité d’un gars bien décidé à le faire savoir. Ce titre figure d’ailleurs sur le second CD de « Paranormal », suivi de « You and All of Your Friends ». Deux morceaux à la saveur particulière, vus qu’ils ont été enregistrés en compagnie du guitariste Michael Bruce, du bassiste Dennis Dunaway et du batteur Neal Smith –soit le line up originel du backing group d’Alice Cooper (NDR : hormis, malheureusement le guitariste Glen Buxton, décédé en 97)– au cours de la première partie des années 60 ! Exhalant un léger fumet de ‘bouche-trou’, six titres interprétés en live (à Colombus, en 2016), viennent combler ce second disque. On ne cachera néanmoins pas sa joie de réécouter des classiques tels que « School’s Out », « Feed my Frankenstein » ou encore « No More Mr. Nice Guy », bien que ces enregistrements n’apportent rien de bien neuf à l’ensemble.

Un peu déroutant en début de parcours, « Paranormal » permet finalement de passer un bon moment de rock’n’roll aux spectateurs•trices de ce grand parc d’attractions autant kitsch que cauchemardesque, bâti pierre par pierre pendant plus de cinquante ans par cette incontournable icône. On pourrait certes tergiverser sur l’utilité de la seconde plaque, mais au risque alors de se limiter à une seule et donc de se priver de cet épisode revivaliste, illustré par ces deux morceaux, qui traversent la zone grise de cette fin d’opus. Après une telle longévité, autant ne pas bouder son plaisir.

Chronique parue sur www.musiczine.be


Groupe Alice Cooper
Album Paranormal
Label earMUSIC
Genre Hard Rock
Sortie 28/07/2017
Durée Double CD
Cotation 7/10

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