Chroniques albums

[CHRO] Barús

Lourd. Tel est le premier mot qui vient à l’esprit après avoir écouté ce premier Ep éponyme publié par ce combo français. Militant sous l’étendard du Death Metal, cette formation grenobloise a pris le pris le pari de mettre de côté la vitesse d’exécution pour privilégier un tempo lent, répétitif, hypnotique, mais en écrasant tout sur son chemin, tel un rouleau compresseur. Ça cogne, inlassablement, au même endroit, jusqu’à ce que ça cède. Pas étonnant au final que le band ait choisi de s’appeler Barús, terme issu du grec ancien qui signifie le poids, quelque chose d’imposant. Les parties vocales sont également mises au service de cette chape de plomb sonore, empruntant tantôt des growls typiques au Death, tantôt des hurlements qui ne sont pas sans rappeler ceux hurlés par Nergal chez Behemoth. La surprise de cet LP, découpé en quatre morceaux, éclate lors du deuxième titre, « Disillusions », lorsqu’il est stoppé à mi-course, en plein élan, afin de faire place à très belle voix claire de K, vocaliste du quintet. Un arrière-goût ‘opéthien’ très savoureux, une respiration, plus que bienvenue, qui vient ponctuer le morceau et lui procure, à nouveau, un gain d’énergie. Car il est vrai que Barús souffre d’un talent (NDLR : talon ?) d’Achille : la monotonie. La durée relativement brève du long playing, soit un peu plus de vingt minutes, ne permet certes pas à l’ennui de s’installer. Mais il est moins sûr que le groupe puisse survivre à cet obstacle le temps d’un album complet. A moins d’y insuffler un souffle de diversité qui ne pourrait être que salvateur……


Groupe Barús
Album self-titled
Label Emanations
Genre Death Metal
Sortie 09/03/2016
Durée 23’10 »
Cotation 6/10